03 août 2006
La copie et le faux
Dans l'histoire on a souvent associé ou confondu ces deux pratiques et il arrive encore aujourd'hui, que certains ne sachent pas faire la différence.
La copie à la base est une reproduction fidèle d'une oeuvre d'art dont le but premier est d'exercer la maîtrise technique de l'artiste. C'est par cette pratique que l'on peut comprendre la façon de peindre des grands maîtres et tenter de s'en servir pour ses créations.
La copie peut aussi laissé un libre choix à l'interprétation. Il est courant que certains copistes apportent leur touche personnelle : par un style différent de celui de l'artiste, par les couleurs employées......C'est aussi l'interprétation qui fait la différence entre une copie et un faux dans des proportions relatives. Pour ma part j'essaye de me rapprocher le plus possible de l'oeuvre originale, mais j'ai conscience que j'ajoute malgré tout ma part d'interprétation. Pour moi le plus important dans un tableau est que les couleurs vibres et que l'ambiance générale soit captée. Les détails ont leur part d'importance surtout pour un tableau d'époque hollandaise du XVIIe mais il faut savoir s'arrêter dans la précision des détails, si dans l'ensemble le tableau paraît terminé et cohérent.
Il faut savoir une chose c'est qu'une copie ne sera jamais techniquement identique à l'original. On peut s'en approcher grandement mais l'original aura toujours le dessus. Certains peuvent trouver qu'une copie peut-être plus belle par la fraicheur des couleurs etc.... C'est une question de goût. L'original possède une patine naturelle que la copie bien-sûr n'a pas (même si l'on peut par des glacis en créer une artificiellement). C'est cette patine qui transforme les couleurs et qui bonnifie un tableau comme le temps pour un bon vin.
Lorsque l'on fait une copie on doit également se soumettre à une certaine déontologie : d'une part, essayer de changer le format par rapport à l'original et ne pas signer de son nom. Certains copistes signent tout de même leur nom en bas de la copie, c'est leur choix et leur responsabilité. Ca n'est pas gênant lorsque le tableau copié est modialement connu et ne laisse aucun doute sur sa nature de copie, mais c'est plus discutable lorsque l'on signe de son nom, une copie d'un peintre peu connu ou méconnu. Le doute s'installe et on s'approche de la frontière entre la copie et le faux.
Chose aussi importante un copiste doit respecter les droits intellectuels de l'artiste qu'il copie. Si l'artiste est vivant, le copiste doit lui demander la permission, si l'artiste est mort, le copiste doit attendre 70 ans après sa mort pour que les droits cèdent. Bien-sûr si l'artiste a une descendance le copiste devra demander l'autorisation aux petits enfants, mais en principe après les 70 ans il n'y a plus de problèmes.
Le faux n'est pas une copie mais un tableau original peint à la manière de. et vendu comme étant un original d'un artiste ancien. Des méthodes sont mises en oeuvre pour vieillir artificiellement l'oeuvre dans le but de tromper le plus de gens possible : craquelures, vieillisement du vernis, fausse patine etc...
Certains grands faussaires étaient très célébres comme Icilio Federico Joni, un italien excentrique du début du XXe siècle qui lorsqu'il ne faisait pas de fêtes costumés, excellait dans les faux de Vierge à l'Enfant dans le style des peintres siennois.

Federico Joni, Vierge à l'Enfant (XXe siècle)
Un autre faussaire Umberto Giunti (XXe siècle) a peint une Vierge à l'Enfant dans un style très reconnaissable de Botticelli.

Umberto Giunti, La madone voilée, vers 1930
Certains grands peintres se sont pris au jeu et ont pour ainsi dire cassé la définition du faux et de l'original, comme Salvador Dali qui avec la complicité de certains de ses associés, signait une quantité gigantesque de feuilles blanches servant plus tard à des fausses lithos. Si la litho n'est pas de la main de Dali, la signature est authentique.
Commentaires
Les informations que vous décrivez sur le sujet des copistes sont fascinantes. La page reproduite du journal Le Parisien en bas, est illisible a cause de la taille sur la page du blog. Est-ce possible d'aggrandir le texte pour qu'on puisse tirer avantage du contenu?
Les textes que vous écrivez menent le lecteur à votre connaissance intime et enthousiaste du copisme (si le mot existe), mais il est aussi evident que vous creez avec la meme sureté et reussite dans vos propres oeuvres originals. Je serais interesse d'apprendre vos idees sur cet equilibre.
L'erreur est corrigée. Ne pouvant pas faire d'agrandissement, j'ai tappé l'article.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=167948&pid=2403241
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

